Dire que le paysage de la publicité numérique a changé au cours de la dernière année est un euphémisme. Alors que de plus en plus d’acteurs prennent des mesures pour répondre aux préoccupations des consommateurs en matière de confidentialité, le secteur s’est une fois de plus transformé, mettant en lumière de nouveaux défis et opportunités.
Bien que l'on puisse s'attendre à une situation similaire en 2022, il y a toujours des nouveautés à prendre en compte. Voici un aperçu de ce qui nous attend pour la nouvelle année :
Les réseaux sociaux bouleversent la donne
Les changements apportés à la protection de la vie privée par les géants de la technologie vont instaurer une nouvelle réalité pour le marketing sur les réseaux sociaux, car la monétisation limitée des applications commence à freiner la croissance.
Les investisseurs s'attendent traditionnellement à ce que ces entreprises connaissent une croissance annuelle de 10 à 30 % , mais nous prévoyons une contraction de 5 à 15 % en 2022.
Ce n'est pas une nouvelle catastrophique pour l'ensemble du secteur, mais il convient néanmoins de suivre de près la réaction des géants de la tech, notamment Google. Sans surprise, Google pourrait tirer profit d'un virage vers la publicité sur les moteurs de recherche, ou de restrictions imposées aux identifiants publicitaires Google (GAID) sur Android. Difficile de prédire quelle voie ils choisiront, le cas échéant. Cela permet peut-être de comprendre le virage de Facebook vers la réalité virtuelle, qui ouvre un champ d'opportunités inédit pour les marques souhaitant s'investir dans ce nouveau « métavers »
Les petits éditeurs indépendants seront enfin entendus
Même si les cookies tiers disparaîtront (il est impossible de prédire si Google annoncera un jour une date définitive, mais pour l'instant, le report est prévu pour fin 2023), les données tierces, elles, persisteront. En réalité, ces données resteront car les alternatives qui émergeront en leur absence ne seront pas viables pour les petits éditeurs.
Les données propriétaires (ou ciblage contextuel) ne constituent pas une solution viable pour les éditeurs qui ne disposent pas de suffisamment de données pour se développer à grande échelle. Les données contextuelles ne fonctionnent qu'au sein de leur propre domaine, ce qui, pour les petits éditeurs, est tout simplement trop limité. De plus, les spécialistes du marketing sont moins enclins à interagir avec les sites dont l'audience mensuelle est inférieure à celle des sites plus importants.
L'ensemble du secteur semble avoir oublié les petits éditeurs, car ces derniers privilégient des idées inadaptées à leurs besoins plutôt que des idées qui profiteraient à tous. En 2022, leurs voix porteront davantage.
2022 : l’année de la télévision connectée. Et 2023, 2024, 2025…
On se souvient tous de « l'année du mobile » dans le monde de la publicité numérique, puisqu'elle a duré plus d'une décennie. Il faut s'attendre à ce que la télévision connectée (CTV) fasse la une des journaux dans un avenir proche. Et pourquoi pas ?
L'Australie est en tête du classement mondial des dépenses publicitaires sur la télévision connectée, de plus en plus d'entreprises reconnaissant la valeur de l'un des canaux les plus dynamiques de la publicité numérique. L'offre publicitaire augmentera avec l'essor des solutions d'identité et de connectivité. Et surtout, fini les cookies tiers !
Chers partenaires d'identité : cessez les querelles intestines !
Les solutions d'identification pour le web ouvert vont s'avérer précieuses pour la monétisation des éditeurs ; par conséquent, la collaboration va considérablement augmenter en 2022.
En 2021, les acteurs du secteur de l'identité se livraient à une lutte sans merci. Chacun prétendait offrir une meilleure protection de la vie privée que les autres, et chaque solution proposée affirmait être la seule valable. En réalité, la collaboration est indispensable.
Fournisseurs d'identité, éditeurs et spécialistes du marketing, cessez toute confrontation. Concentrons-nous plutôt sur notre objectif commun : offrir au consommateur transparence et contrôle, tout en optimisant le système. Le résultat final sera bénéfique pour tous.
En ce début d'année, les spécialistes du marketing et les éditeurs ont de nombreux éléments à prendre en compte. Comme nous l'avons constaté par le passé, le secteur de la publicité numérique est fragmenté par endroits et fédéré à d'autres, mais nous entrons désormais dans une nouvelle ère. Nos points d'accord et nos divergences détermineront notre avenir collectif.
Avertissement : les points de vue, opinions et idées exprimés dans cet article appartiennent aux auteurs et ne reflètent pas nécessairement ceux de State of Digital Publishing.