Qu'est-ce qui vous a amené à travailler dans l'édition numérique/médias ?
J'ai obtenu mon doctorat à l'Institut Max Planck de biologie structurale et moléculaire, en Allemagne. J'ai ensuite travaillé comme chercheuse postdoctorale à l'Université de la Saskatchewan et au CRCHUM (Université de Montréal) pendant respectivement un et deux ans. Durant mon séjour en laboratoire, j'ai constaté que les étudiants et les chercheurs doivent parfois limiter leurs lectures aux revues auxquelles leur établissement est abonné. De plus, d'anciens étudiants, chercheurs, universitaires, scientifiques, etc., ayant réorienté leur recherche, conservent un vif intérêt pour la lecture, le partage et la rédaction d'articles scientifiques. Or, le coût d'un abonnement pour accéder à un article complet les empêche d'apprendre et de se tenir au courant des dernières avancées scientifiques. Ce sont les principales raisons qui m'ont poussée à m'engager pour la promotion de la recherche en libre accès et à contribuer au bien-être de la société.À quoi ressemble une journée type pour vous ?
Beaucoup pensent que si l'on a une startup et que l'on travaille de chez soi, on n'a pas forcément besoin de consacrer autant d'heures au travail qu'un salarié. Je suis la preuve vivante du contraire. Mon mari me dit souvent : « Tu avais une bien meilleure qualité de vie quand tu étais salariée. » Ma journée se déroule ainsi : elle commence à 6h30 et se termine à 22h. Grâce aux technologies modernes, je consulte mes e-mails dès que mon réveil sonne. Je gère quotidiennement tous les comptes de réseaux sociaux de l'entreprise. Cela comprend la création et la publication de contenus, ainsi que la réponse aux messages. Une fois mes e-mails et messages traités, je me consacre à la réflexion créative. Je cherche à imaginer de nouvelles idées et de nouveaux projets pour développer l'entreprise. Dans cette optique, je contacte des personnes enthousiastes du secteur afin d'explorer les possibilités de collaboration. Lorsqu'une nouvelle proposition d'article est soumise, je suis le processus éditorial complet, incluant la présélection, la sélection des relecteurs, la coordination avec le rédacteur en chef, l'envoi du manuscrit pour évaluation, les échanges avec les auteurs, la correction, la relecture et la mise en forme. Le Journal canadien de biotechnologie compte une équipe éditoriale de 37 membres répartis dans le monde entier, et je veille à les tenir régulièrement informés des nouveautés concernant la revue. Parallèlement à mon travail pour la revue, je suis également PDG et fondatrice de HS Counseling, et je consacre le reste de mon temps libre à ses projets. De plus, je travaille à mon compte sur divers projets d'édition, de rédaction et de gestion. Tous ces engagements m'occupent entièrement jusqu'à 18h00-18h30, et ensuite, je fais des allers-retours entre mon salon et mon bureau jusqu'à 22h00.À quoi ressemble votre environnement de travail ? (vos applications, vos outils de productivité, etc.)
Outre mon travail et mon engagement social, peu de gens savent que j'ai aussi un côté créatif. J'ai aménagé un bureau à domicile assez moderne. J'ai entièrement décoré cet espace moi-même. Je suis très attentive aux couleurs, à la décoration, aux câbles dissimulés, etc. Pour rester active malgré le fait de passer presque toute la journée à mon bureau, j'ai installé un tapis de course et un mini vélo d'appartement dans mon espace de travail. Ce dernier est d'ailleurs placé juste sous mon bureau et je l'utilise plusieurs fois par jour. Je suis convaincue que même de petits aménagements au bureau peuvent avoir un impact considérable sur la productivité et le bien-être. Côté outils et applications de productivité : Google Drive, Google AnalyticsPlagScan, Skype, TeamViewer, AnyDesk, WhatsApp, FileZilla Client, Microsoft Office et Adobe Professional font partie intégrante de mon environnement de travail.Que faites-vous pour trouver l'inspiration ?
Je me confie à mon mari et à mes parents. Mon père est professeur et directeur de l'École de biotechnologie. De toute ma vie, je n'ai jamais rencontré quelqu'un d'aussi travailleur. C'est vraiment le cas. J'avais six ans lorsqu'il a fondé le département de biotechnologie de son université. Je l'ai vu travailler jour et nuit. Je me souviens de ma mère, ma sœur et moi le taquinant : « On va même te mettre un lit au bureau ! Reste-y, ne te donne pas la peine de rentrer si tard ! » C'était mon côté fille, mais en tant que professionnelle, je l'ai toujours admiré et j'ai toujours aspiré à avoir la même passion. Il croit en l'importance d'accomplir ses tâches immédiatement et ne procrastine jamais. Ma mère est également une personne formidable et m'a toujours inspirée à œuvrer sans relâche pour la société. Mon mari est un homme exceptionnel et une source d'inspiration constante dans ma vie. Il apporte toujours un regard neuf sur les choses. Il m'inspire à voir au-delà des apparences. Il m'arrive parfois de penser que l'entreprise n'avance pas comme elle le devrait et de ressentir une certaine morosité ; une discussion avec lui me redonne alors l'énergie nécessaire pour aller de l'avant. En conclusion, j'ai la chance d'avoir des personnes inspirantes dans ma vie et je partage régulièrement mes idées avec elles.Quel est votre texte ou citation préféré(e) ?
« Faites de votre vie un chef-d'œuvre ; imaginez qu'il n'y ait aucune limite à ce que vous pouvez être, avoir ou faire. » – Brian TracyQuelle est la chose la plus intéressante/innovante que vous ayez vue sur un autre média que le vôtre ?
Rien de particulièrement novateur, à mon avis. Mais je m'inspire toujours des grands éditeurs du secteur. Je me dis qu'ils ont dû eux aussi commencer là où j'en suis aujourd'hui, et s'ils ont atteint ce niveau, alors je peux certainement, moi aussi, y arriver un jour.Quel est le problème que vous combattez avec passion en ce moment ?
L'obstacle majeur auquel je suis confronté actuellement est l'obtention d'un nombre suffisant de soumissions de qualité pour publication. Dans le domaine de l'édition scientifique, le critère principal de choix d'une revue pour ses travaux est son facteur d'impact. Plus ce facteur est élevé, meilleure est la revue. Or, pour obtenir un facteur d'impact, une revue doit elle-même compter un nombre important de publications de qualité. On se retrouve donc face à un véritable cercle vicieux. C'est la principale raison pour laquelle de nombreux nouveaux éditeurs échouent dans ce secteur.Auriez-vous des conseils à donner aux professionnels ambitieux de l'édition numérique et des médias qui débutent ?
La patience, la diligence, la persévérance et l'intégrité sont les quatre piliers de la réussite. L'édition numérique est un domaine passionnant, mais il faut du temps pour s'y épanouir. La confiance en soi et une attitude positive sont indispensables pour réussir. Il n'y a rien de mal à s'inspirer des grands noms du secteur, à condition que cela ne soit pas une source d'inspiration. Parfois, la frontière entre inspiration et découragement est ténue. Il est important d'apprendre à se motiver et à persévérer sur la voie du succès. Tous mes vœux de réussite aux nouveaux professionnels ! Ayez confiance en vous et rien ne vous sera impossible !Contenu provenant de nos partenaires








