SODP logo

    Les journaux ghanéens font un travail assez correct en matière de traitement des problèmes de santé mentale

    Vivian Afi Abui Dzokoto, Virginia Commonwealth University et Annabella Osei-Tutu, Université du Ghana : Si vous voulez savoir comment un pays perçoit la maladie mentale, regardez comment…
    Mise à jour : 1er décembre 2025
    Vahe Arabian

    Vérifié par

    Vahe Arabian

    Vahe Arabian

    Édité par

    Vahe Arabian

    Vivian Afi Abui Dzokoto, Université du Commonwealth de Virginie et Annabella Osei-Tutu, Université du Ghana Si vous voulez savoir comment un pays perçoit la maladie mentale, observez la manière dont ses médias traitent le sujet. C'est l'avis de certains chercheurs qui argumenter que les journaux, la télévision et la radio influencent les idées négatives sur la santé mentale. D'autres suggérer C'est en réalité l'inverse : les médias ne font que refléter les croyances de la société. Forts de ces constats, nous avons souhaité explorer le rôle de la presse écrite ghanéenne dans la formation de l'opinion publique et la diffusion des connaissances sur les troubles mentaux. Pour ce faire, nous avons étudié Articles sur la santé mentale parus dans les journaux du pays entre 2000 et 2015. Plusieurs évolutions ont eu lieu concernant la santé mentale au Ghana durant cette période, notamment en termes de de la législationNotre analyse suggère que les journaux ghanéens, dans l'ensemble, traitent bien la santé mentale. De nombreux articles témoignent d'un engagement à informer les lecteurs sur ce sujet. Ils soulignent également la stigmatisation persistante des personnes souffrant de troubles mentaux. Nos conclusions sont encourageantes, compte tenu du rôle crucial des médias dans l'information et l'éducation du public. Cependant, certains points sont préoccupants. Nous avons constaté que, dans certains cas, les journaux ne diffusaient pas d'informations exactes sur la santé mentale. Il est impératif d'y remédier. Il serait judicieux d'intégrer des experts en santé mentale dans les rédactions ghanéennes afin de former les journalistes à la couverture de ces questions. Ces experts pourraient également être mis à profit pour la vérification des faits.

    Ce que nous avons trouvé

    Nous avons choisi les journaux parce qu'ils sont une source populaire Nous avons analysé 164 articles issus de six journaux ghanéens – The Chronicle, Daily Graphic, Ghanaian Times, Mirror, Spectator et Times Weekend – afin de recueillir des informations pour les Ghanéens. Plusieurs thèmes liés à la santé mentale ont ainsi été identifiés : la sensibilisation, le plaidoyer, les opinions, le suicide, les dons (et le financement) et la religion. Voici nos conclusions. Conscience: Les articles de cette catégorie visaient à informer sur les troubles de santé mentale et les traitements disponibles. Malheureusement, certains contenaient des affirmations erronées ou des diagnostics erronés. Il est important de préciser que seulement 1,8 % des articles de notre échantillon véhiculaient des informations erronées. Il n'en reste pas moins que ce problème doit être pris en compte. Dans un article intitulé « Ça me tue à petit feu », une chroniqueuse répondait à une demande d'aide pour surmonter une timidité maladive en présence de femmes. Si ses conseils encourageaient l'auteur à interagir avec les femmes, ils omettaient de mentionner les conséquences sur la santé mentale, notamment l'anxiété. Plaidoyer: Les articles de cette catégorie visaient à mobiliser le soutien du public en faveur des politiques de santé mentale. L'un d'eux, intitulé « La population ghanéenne en détresse psychologique », appelait à la mise en œuvre de la loi ghanéenne sur la santé mentale. Ces articles mettaient en lumière les obstacles à la mise en œuvre des politiques de santé mentale et les difficultés administratives qui empêchent le développement des services de santé mentale. Avis: Ces articles offraient le point de vue d'un auteur sur les questions de santé mentale. L'un d'eux était une tribune libre portant sur une enquête en cours concernant les hôpitaux psychiatriques. Elle montrait comment les journaux peuvent servir de tribune pour formuler des commentaires sociaux sur les problématiques liées à la santé mentale et rappeler aux lecteurs que la maladie mentale fait partie intégrante de la vie quotidienne. Ces tribunes libres illustraient également le rôle de la presse dans la responsabilisation des organismes publics sur des sujets qui, autrement, seraient passés sous silence. Suicide: La plupart des articles de cette catégorie étaient des enquêtes qui identifiaient les victimes et les circonstances présumées de leur suicide. D'autres articles visaient à sensibiliser le public au suicide. Nous avons également constaté que les chroniqueurs jouaient un rôle important auprès de leurs lecteurs, en tant que sources d'information sur le suicide. Par exemple, un lecteur anonyme a écrit à une chroniqueuse de conseils pour lui confier qu'il avait des pensées suicidaires car il n'arrivait pas à subvenir aux besoins de ses sextuplés. La chroniqueuse lui a alors proposé des ressources et des services utiles. Collectivement, ces articles illustrent ce phénomène la réalité du suicide au Ghana. Dons : Un sous-ensemble d'articles rendait compte des dons effectués par des particuliers et des organisations à des hôpitaux psychiatriques. Ces dons pouvaient prendre la forme de temps, d'argent ou de services en nature. La tendance à la philanthropie locale reflétait… faible financement disponibles pour soutenir le fonctionnement des hôpitaux psychiatriques, la reconnaissance publique de ce déficit de financement et la volonté du public de fournir des ressources. Religion: D'autres articles ont exploré le christianisme comme moyen de prendre soin de sa santé mentale. Le lien entre religion et bien-être mental n'est pas surprenant étant donné que de nombreux Ghanéens sont religieux.

    Leçons

    Ce document ne constitue certes pas un panorama exhaustif des sources d'information du public sur la santé mentale au Ghana. Des recherches similaires pourraient porter, par exemple, sur la couverture radiophonique ou télévisée. Cela dit, il offre un point de départ utile pour comprendre le type de messages que reçoivent de nombreux Ghanéens concernant la santé mentale. Cette analyse pourrait inciter les journalistes et les médias à repenser leur traitement de ces questions et à combler les lacunes éventuelles. Note de l'auteur : Les étudiantes diplômées Alexis Briggs et Christina Barnett ont contribué à cet article et à la recherche sur laquelle il repose.La conversation Vivian Afi Abui Dzokoto, Professeur agrégé, Université du Commonwealth de Virginie et Annabella Osei-TutuMaître de conférences et psychologue clinicien, Université du Ghana Cet article est republié à partir de La conversation sous licence Creative Commons. Lire la suite article original.

    0
    J'adorerais vos pensées, veuillez commenter. X