Depuis des mois, j'envisage de résilier mon abonnement Netflix, peinant à justifier son intérêt. Même si le flot incessant d'émissions de téléréalité ne m'intéresse pas forcément, l'immensité de son catalogue continue de me séduire. Il y a toujours quelque chose à regarder, même quand « il n'y a rien à regarder ».
On a l'impression d'assister à un héritage de l'ère COVID, lorsque la consommation de contenu numérique a explosé et que les services de streaming, les éditeurs numériques et les plateformes de médias sociaux en ont tous profité. L'accès facile au contenu était primordial pour les consommateurs qui n'avaient guère d'autres options pour occuper leur temps et leur argent.
Alors que le monde est fermement entré dans la phase post-pandémique, je commence à me demander si un ralentissement de l'économie par abonnement est à prévoir ; surtout compte tenu de la propension des banques centrales à relever les taux d'intérêt comme moyen de freiner l'inflation.
Et pourtant, cela ne semble pas être le cas, selon FIPP et Piano Aperçu du rapport mondial sur les abonnements numériques au quatrième trimestre 2022
Des chiffres robustes
Il s'avère que les 140 titres de presse ayant participé à l'étude ont vu leur nombre d'abonnés numériques augmenter de 3,64 % au cours du trimestre, pour atteindre 42,1 millions. Parmi les performances les plus remarquables, on note la hausse de 50 % du nombre d'abonnés de Substack, qui s'élève désormais à 1,5 million, et la progression de près de 45 % des abonnements du quotidien argentin Clarín, qui atteint 600 000. Avec de nombreux signes de forte croissance, le rapport a validé les projections de l'INMA, organisme frère de la FIPP, qui Le nombre d'abonnements des éditeurs continuerait de croître cette année. L'INMA prévoit une hausse de 52 % des abonnements numériques entre juillet et septembre 2023 par rapport au premier trimestre 2021. Les revenus issus de ces abonnements devraient quant à eux progresser de 47 % sur la même période. L'INMA met toutefois en garde contre la possible poursuite de la hausse des résiliations observée en 2022. La réduction du taux de désabonnement a toujours été une préoccupation pour les éditeurs, mais il semble désormais que l'économie de l'abonnement soit entrée dans la phase de fidélisation.Phase de rétention
Les consommateurs sont de plus en plus attentifs à leurs factures d'abonnement, selon un rapport de FT Strategies et Minna Technologies, qui a révélé que 93 % des personnes interrogées affirmaient être plus conscientes du montant qu'elles dépensent en services d'abonnement, contre 86 % un an auparavant. La crise du coût de la vie et les inquiétudes croissantes concernant les perspectives économiques mondiales ont rendu les consommateurs plus attentifs à leurs finances. En effet, une enquête menée auprès de consommateurs britanniques et américains a révélé que 75 % des abonnés souhaiteraient disposer d'une application unique pour gérer tous leurs abonnements. De fait, 50 % des consommateurs âgés de 18 à 44 ans envisageraient de changer de compte bancaire pour accéder à la gestion de leurs abonnements via une application. Un sentiment partagé par un tiers des personnes interrogées, tous âges confondus Une gestion centralisée des abonnements permettrait sans aucun doute aux consommateurs de se désabonner plus facilement des services qu'ils jugent inutiles. Bien que cette observation puisse paraître redondante, j'ai jugé pertinent de la mentionner en vue de la prochaine enquête.Réveil téléphonique
UN Enquête C+R Research auprès des consommateurs américains L'étude a révélé que la grande majorité des personnes interrogées sous-estimaient leurs dépenses d'abonnement mensuel. Près d'un tiers les sous-estimaient de 100 à 199 dollars, tandis que près de 25 % les sous-estimaient de 200 dollars ou plus. Cette enquête éclaire d'un jour nouveau le chiffre de 93 % mentionné précédemment, suggérant que si les consommateurs pensent être conscients de leurs dépenses d'abonnement, il existe un décalage entre perception et réalité. Si les pressions financières continuent de s'accentuer, cet écart est susceptible de se réduire. C’est pourquoi il me semble judicieux de reconnaître les doutes croissants quant à l’efficacité des hausses de taux d’intérêt pour endiguer l’inflation. Plusieurs facteurs économiques mondiaux laissent présager une période d’inflation prolongée comme l'a bien souligné Ian Verrender de la chaîne ABC cette semaine. Si les banques centrales se trompent en croyant que des taux d'intérêt plus élevés constituent la solution miracle à l'inflation, cela entraînerait à la fois une baisse des salaires réels et un besoin urgent pour les ménages de devenir plus frugaux. Dans ce contexte, les éditeurs ne doivent pas se reposer sur leurs lauriers concernant leurs offres d'abonnement. Proposer des offres attractives dès maintenant pourrait leur éviter bien des soucis par la suite.Contenu de nos partenaires








