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    Note de la rédaction : Engagement : La simplicité est la clé

    Face à l’abondance d’informations et à la diminution de la capacité d’attention, comment les éditeurs doivent-ils se préparer à capter l’attention des publics de demain ? C’est une question cruciale, car les changements de comportement des consommateurs de médias, induits par la technologie, sont de plus en plus manifestes….
    Mise à jour : 1er décembre 2025
    Andrew Kemp

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    Andrew Kemp

    Face à l'abondance d'informations et à la diminution de la capacité d'attention, comment les éditeurs doivent-ils se préparer à capter l'attention des publics futurs ?

    Il s'agit d'une question urgente, car les changements de nos habitudes médiatiques, induits par la technologie, deviennent de plus en plus évidents.

    Les réseaux sociaux et les appareils mobiles proposent désormais un flot incessant de contenus courts et variés, incitant les utilisateurs à faire défiler compulsivement leurs flux pendant des heures.

    Nombre d'éditeurs n'ont tout simplement pas de stratégie pour répondre aux besoins des lecteurs occasionnels, qui remettent en question les idées reçues du secteur quant aux attentes des lecteurs en matière de contenu. De plus, les outils utilisés par les éditeurs pour identifier les problèmes de performance de leur site web ne permettent pas de déceler les problèmes d'engagement à un niveau fondamental.

    menée par deux universitaires américains sur le journalisme engagé — un concept vieux de plusieurs décennies qui préconise que les médias consultent leur public sur la couverture des sujets afin de favoriser un plus grand engagement — souligne ce défi.

    Résultats mitigés 

    Cette expérience de six mois, publiée en juillet, a impliqué 20 sites d'information locaux américains de tailles diverses, dont la moitié constituait le groupe témoin. Les 10 rédactions participantes ont invité leurs lecteurs à soumettre des questions, lesquelles ont ensuite été soumises à un vote public. La question ayant recueilli le plus de réponses a été publiée.

    Les auteurs de l'étude — la professeure Natalie Jomini Stroud de l'Université du Texas à Austin et la professeure adjointe Emily Van Duyn de l'Université de l'Illinois à Urbana-Champaign — ont constaté que si l'implication du public entraînait une augmentation des nouveaux abonnements, les rédactions ne constataient aucun impact sur le renouvellement des abonnements, le nombre de pages vues ou les visites de retour.

    Les résultats ont montré que si le journalisme engagé peut convertir un public anonyme en clients payants, il n'améliorera pas nécessairement les taux de désabonnement ni les niveaux d'engagement.

    Les résultats m'ont d'abord surpris, avant que je ne prenne en compte le fait que les habitudes de consommation du public ont considérablement évolué depuis l'apparition du concept de journalisme engagé dans les années 1990 sous l'appellation de journalisme public.

    L'idée de lire des histoires proposées par d'autres lecteurs n'enthousiasme pas le public quand les médias sociaux ont déjà créé un océan de blogueurs, de vlogueurs et de journalistes citoyens produisant un flux incessant de contenu.

    La brièveté est-elle la clé ?

    Qu’on le veuille ou non, le temps disponible pour capter l’attention d’un public a considérablement diminué. La concurrence accrue pour capter l’attention et l’évolution des habitudes médiatiques risquent de réduire encore davantage ce laps de temps.

    La solution ? Misez sur la compétitivité et embrassez les classiques. Shakespeare a écrit que « la brièveté est l’âme de l’esprit », mais dans ce cas précis, elle pourrait aussi être l’âme de l’engagement.

    Axios s'est fait un nom grâce à son concept de concision intelligente, qui pousse le principe « que du contenu percutant, pas de superflu » à l'extrême. En effet, Jim VandeHei, cofondateur, PDG et président, conteste l'idée que « la longueur d'un texte est synonyme de profondeur et de pertinence ».

    S’il estime que « le journalisme de fond restera toujours important », il soutient que les éditeurs doivent « s’adapter rapidement à l’évolution rapide des besoins et des habitudes du public ». 

    Il est important de se rappeler que s'en prendre au manque de concentration ne changera rien au problème. Un simple coup d'œil au paysage technologique suffit à confirmer que cette tendance va se poursuivre et que trouver de nouvelles façons de présenter l'information existante ne peut que favoriser la prospérité des éditeurs.